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· Mis à jour le 2026-09-10

Corée du Sud : de 28% de sécheresse à des pluies record en 10 jours

Contact et corrections

Correction (2026-09-10) : le périmètre, les comparaisons et l’interprétation des chiffres clés ont été revus et corrigés ci-dessous. La date de publication initiale est conservée.

Une alerte de crise sécheresse, puis une alerte de crise inondation — pour la même région, le même été, à dix jours d'intervalle. Qu'est-ce qui a provoqué un tel retournement ?

En bref
  • De fortes pluies ont frappé le Jeonnam dans la nuit du 15 au 16 août. Mokpo a reçu 66,4 mm en une heure ; 135 signalements de dégâts étaient recensés au niveau national le 16 août à 17 h.
  • Le réservoir de Jangseong était auparavant rempli à 28,2 %, moins de la moitié du niveau habituel de 59,8 %. Ce chiffre concerne un réservoir, pas la moyenne du Jeonnam.
  • Les scientifiques appellent ce phénomène le "coup de fouet climatique" et réclament une gestion intégrée de l'eau ainsi que des investissements accrus dans les infrastructures.

Ce qui s'est passé

Dans la nuit du 15 au 16 août, la province du Jeolla du Sud a essuyé des pluies atteignant 66,4 mm par heure. À Mokpo, ce chiffre a établi un record absolu de précipitations horaires pour un mois d'août; dans le secteur de Sani, à Haenam, les cumuls avaient atteint 178,5 mm à 9 heures le 16 août. Le ministère de l'Intérieur et de la Sécurité a relevé le niveau d'alerte inondation de "vigilance" à "prudence" à 7 heures ce jour-là, dépêchant des responsables sur le terrain et inspectant les zones à risque de glissement de terrain.

À 17 heures ce même jour, 135 signalements de dégâts liés aux inondations avaient été enregistrés à l'échelle nationale — 77 cas d'inondation de logements, de cours et de parkings souterrains, 50 routes inondées et 8 arbres abattus. 108 de ces 135 cas étaient concentrés dans le Jeolla du Sud.

Pourquoi c'est important — dix jours plus tôt, c'était l'état d'urgence sécheresse

Ce qui rend ces pluies inhabituelles ne tient pas qu'à leur intensité. Quelques jours à peine auparavant, cette même région luttait contre la catastrophe exactement inverse : la sécheresse. Le niveau du réservoir du lac Jangseong, dans le Jeolla du Sud, était tombé ce mois-ci à un niveau historiquement bas de 28,2 % — moins de la moitié de sa moyenne sur 30 ans, qui est de 59,8 %. Dans la province du Gyeongsang du Sud également, les réservoirs ne se trouvaient qu'à 46,5 % de leur niveau normal, obligeant les autorités à mobiliser des camions-citernes. Les précipitations de juillet à Gwangju n'ont atteint que 147,6 mm, soit seulement 56,8 % de la moyenne saisonnière de 259,4 mm.

L'Administration météorologique coréenne attribue ce revirement à un front stationnaire combiné à l'influence simultanée des anticyclones du Pacifique Nord et du Tibet. Le front de mousson s'était installé étroitement au-dessus du centre du pays, laissant le sud endurer canicule et sécheresse — jusqu'à ce que, autour du jour férié de la mi-août, ce front stationnaire descende vers le sud et y déverse d'importantes précipitations en peu de temps. Autrement dit : ce n'est pas que la pluie a cessé de tomber — c'est la manière dont elle tombe qui change.

Les chiffres

Voici l'ampleur du basculement de la sécheresse vers l'inondation à travers deux indicateurs.

De la sécheresse à l'inondation, un retournement en 10 jours
Niveau du lac Jangseong (%)-31,6 pts
Moy.
59,8
Août
28,2
Précip. juillet à Gwangju (mm)-43,1%
Moy.
259,4
2026
147,6
Source : KBC Gwangju (niveau du lac Jangseong), Newsis (précipitations de juillet à Gwangju)

Les dégâts se sont aussi fortement concentrés en une seule journée : 108 des 135 signalements nationaux (80 %) provenaient du seul Jeolla du Sud.

Signalements de dégâts inondation à l'échelle nationale, 16 août (135 au total)
Logements, sous-sols, etc.
77
Routes inondées
50
Arbres abattus
8
Source : ministère de l'Intérieur et de la Sécurité (au 16 août, 17h), via Kyunghyang Shinmun

Qu'est-ce que le "coup de fouet climatique" ?

Les scientifiques ont désormais un nom pour ce phénomène — le "coup de fouet climatique" (climate whiplash), aussi appelé "coup de fouet hydroclimatique". Une étude publiée cette année dans la revue Nature Water montre que les basculements rapides de la sécheresse vers l'inondation augmentent à l'échelle mondiale, tant en fréquence qu'en intensité, et pointe une "défaillance de gouvernance" alors que les systèmes de réponse aux catastrophes peinent à suivre ce rythme. Des chercheurs de l'UCLA évoquent quant à eux une "éponge atmosphérique en expansion" : pour chaque degré Celsius de réchauffement, l'atmosphère peut retenir environ 7 % d'humidité en plus — un moteur clé de ces basculements extrêmes.

Ce phénomène s'observe ailleurs également : plus tôt cette année, la région d'Otway, dans l'État australien de Victoria, a connu en l'espace de deux semaines un important feu de brousse, une inondation record, puis une canicule historique, tandis que le Royaume-Uni est passé d'un début d'année inhabituellement pluvieux au juillet le plus sec jamais enregistré. Pour les spécialistes, le retournement observé dans le Jeolla du Sud s'inscrit pleinement dans cette tendance mondiale.

Le débat — soulagement face à la sécheresse ou alerte inondation ?

Les réactions sur le terrain sont partagées. Pour les agriculteurs et les collectivités locales dont les réservoirs étaient à sec, cette pluie est un soulagement bienvenu — les principaux réservoirs du sud devraient d'ailleurs se reconstituer partiellement grâce à elle. Mais des pluies tombées aussi intensément en si peu de temps sont arrivées trop vite pour être absorbées par les réservoirs, et ont au contraire accru les risques d'inondation et de glissement de terrain — un média régional a résumé la situation ainsi : "l'espoir de la fin de la sécheresse croise l'inquiétude face aux dégâts des inondations."

La politique de gestion de l'eau fait elle aussi débat. Certains plaident pour une gestion intégrée traitant conjointement inondations, sécheresse et qualité de l'eau au sein d'un même système ; d'autres estiment plus urgent d'investir spécifiquement dans les réservoirs et les infrastructures de drainage locaux. Le gouvernement, via son ministère du Climat récemment créé, prépare un cadre intégré eau-énergie — mais reste à savoir s'il pourra suivre le rythme d'un basculement de la sécheresse à l'inondation en seulement dix jours.

Et ensuite ?

  • À court terme, la réponse aux inondations est prioritaire : inspection des zones à risque de glissement de terrain, préparation des espaces souterrains face aux inondations. Le front stationnaire continuant de descendre vers le sud, de nouvelles précipitations y sont prévues dans les prochains jours.
  • À moyen terme, les réservoirs ont besoin d'un système de gestion plus flexible, capable de concilier les exigences contradictoires du "stockage en prévision de la sécheresse" et du "déversement en prévision des crues".
  • À long terme, les experts, en Corée comme à l'étranger, s'accordent largement à dire qu'il faut revoir les normes de conception des infrastructures, en partant du principe que des basculements aussi extrêmes pourraient devenir la nouvelle norme plutôt que l'exception.

Pour les ménages et les exploitations agricoles, cela signifie que la saison où il faut surveiller à la fois le niveau des réservoirs et les alertes inondation a déjà commencé. Pour les collectivités locales et l'État, cela signifie qu'il faut sortir d'un modèle qui traite "sécheresse ou inondation" l'un après l'autre.

Cet article est une analyse propre à nuloq, fondée sur les informations publiques citées ci-dessus dans les "Sources" ainsi que sur des données officielles de l'Administration météorologique coréenne et du ministère de l'Intérieur et de la Sécurité, rédigée avec l'aide d'outils d'IA. Il a une vocation purement informative — il ne constitue ni un conseil de gestion de crise ni un avis politique — et reflète la situation au moment de la rédaction (17 août 2026). Le texte sera corrigé si des erreurs sont constatées.

#changement climatique#inondations#sécheresse#gestion des catastrophes#gestion de l'eau

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